Historique

Académie

« ACADÉMIE. Ce mot signifie en équitation le lieu où l’on apprend à monter à cheval. Il est moins en usage maintenant qu’autrefois, à l’époque où les manèges bien tenus étaient subventionnés par le gouvernement. À présent que tout le monde peut professer sans être pour cela académicien ou expert dans son art, l’on se contente de dire :…je vais au manège, et non plus à l’académie. …ACADÉMIE était donc bien le nom que l’on devait donner à ces beaux manèges, puisqu’on y allait pour puiser de la science et faire prévaloir la supériorité de l’homme sur ce noble animal qu’il conduisait si savamment. »
(François Baucher, Dictionnaire raisonné d’équitation, Édition 1851, pages 2 et 3.)

Origines et Développement

D. Diogo de Bragance dans son livre intitulé « L’Équitation de tradition française », Édition (1975) de 1990, développe ses recherches concernant « L’École Ancienne » comme suit.

« C’est à l’époque de la renaissance des lettres, des sciences et des arts que l’équitation commença à être enseignée avec quelque méthode en Italie… Tant qu’il n’y eut ni manèges ni enseignement rationnel, et tant que les gentilshommes se vantèrent de ne savoir ni lire ni écrire, l’équitation ne fit aucun progrès. » (F. Musany : Propos d’un Écuyer. 1895, page 28.)

Des Académies furent fondées à Naples, Rome, puis en France, à Tours, Bordeaux, Lyon; les élèves y apprenaient non seulement l’équitation, mais l’escrime, la danse, arts dits académiques, et les mathématiques.

On voit par là la place que tenait l’art équestre dans l’éducation de la jeunesse du plus haut rang. « Jusqu’à la révolution, la charge d’Écuyer resta un titre de noblesse, et nul ne pouvait prendre le titre d’Écuyer s’il n’était issu d’un père ou d’un aïeul anobli dans la profession des armes. » (Loc. cit. page 29, note 1).

« On trouve dans le Dictionnaire de L’Académie française (éd. de 1777), au mot Académie : …se dit aussi de lieu ou la noblesse apprend à monter à cheval et les autres exercices qui lui conviennent. » (Loc. cit. p. 28, note 1.) Si nous ajoutons que la désignation Académie de Musique ne vient qu’ensuite dans le Dictionnaire, nous aurons une idée de ce que l’art équestre représentait alors dans la formation et la culture des élites

L’occupation espagnole du royaume de Naples ne fut certainement pas étrangère au développement de l’équitation. Le cheval andalou doit y avoir donné le ton à son essor.

Dans le chapitre du rassembler, nous avons expliqué comment le cheval espagnol, possédant en lui-même le style de la haute école, servait de modèle aux animaux des autres races pour lesquels les airs rassemblés n’étaient pas aussi faciles. Il fallut étudier la manière de les obtenir. On peut donc affirmer que la science moderne de l’équitation est née à Naples, et se répandit de là sur le reste de l’Italie de L’Europe.